Bella Ciao: Les réminiscences de Baru.

                                                                       


  Par Robert Laplante

Questa mattina mi sono alzato

Una mattina mi sono alzato

O bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao, ciao

Una mattina mi sono azalto

E ho trovato l'invasor

On a tous entendu un jour ou l’autre, que ce soit dans la série presque culte : La casa del papel


                                                 


sur Les ronds de carotte le second album de Thomas Fersen 


                                            


ou dans plusieurs manifestations, la fameuse Bella Ciao. Une chanson que la mémoire populaire a associée à tort aux résistants italiens de la Seconde Guerre mondiale. 


                                                   


À tort parce qu’effectivement la période de sa naissance serait totalement différente de celle que notre mémoire a retenue. Mais si la chanson n’était pas à l’origine le cri de ralliement des communistes italiens sous Mussolini, son histoire est quand même toute aussi fascinante. Tellement fascinante que Baru, un de mes bédéistes préférés, en a fait le cœur d’un de ses récits de Bella Ciao sa toute nouvelle bande dessinée publiée chez Futuropolis.

Après avoir raconté son enfance dans Les années Spoutnik

                                                


Après avoir revisité son adolescence dans : Quéquettes blues

                                                       


Baru s’intéresse maintenant à l’histoire de sa famille, de sa fuite d’Italie à son intégration à la France.

Composé de courts récits instantanés ainsi que de quelques moments significatifs de sa famille, Bella Ciao propose une bande dessinée profondément humaine. Une histoire simple, faite de rires et de pleurs, de bonheurs et d’angoisses. Une bande dessinée truffée de personnages truculents, authentiques, attachants, exubérants, qui ont su s’adapter à des situations qui en auraient fait plier plus d’un avec honneur, courage, discrétion et résilience.

Pigeant allègrement autant dans ses souvenirs que dans ceux des membres de sa famille, Baru concocte un sympathique récit qui lui permet d’explorer toute la richesse de ses talents de conteur du quotidien. Appuyé comme d’habitude par son dessin expressif qui se moule parfaitement à ses propos

Peintre de son quotidien, Baru excelle dans ces récits empreints d’une douce nostalgie bienveillante. Mais ce qui est fascinant chez Baru c’est qu’il sait pertinemment qu’il raconte des souvenirs qui ont été modifiés par le temps qui passe. Puisque comme lui explique son cousin Antoine la mémoire personnelle n’est jamais fiable, c’est une reconstruction, une fabrication faite à partir de nos souvenirs et de ceux des autres qui ont aussi vécu ou ont été témoins du même évènement que nous.

Et même si ce n’est pas le meilleur Baru : Bella ciao reste quand même une bande dessinée pleine de bonheur et de soleil. Une bédé qui fait ressortir des souvenirs heureux de réunions familiales et qui je ne sais pas pourquoi se prête très bien à ces fêtes de fin d’année qui seront un peu étrange cette année.

Premier tome d’une trilogie, le nouveau Baru laisse entrevoir de belles promesses pour la suite.

Baru, Bella Ciao, Futuropolis.

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