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Un espion dans le Saint-Laurent

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Dans la jolie ville de Québec, le Salon du livre bat son plein, et ce, jusqu’à lundi. Des auteurs il y aura, comme notre ami Richard Migneault, Florence Meney et son redoutable thriller psychologique Sur ta tombe, notre amie Claudia Larochelle avec des doudous pour le tout –petits, sans oublier le Festival de BD ou vous croiserez Achdé (Lucky Luke) et Voro, autre bédéiste talentueux. Originaire de Rimouski, ce jeune homme a décidé en compagnie du scénariste Frédéric Antoine de lever le voile sur un pan assez méconnu du Canada en temps de guerre. Dans l’immense axe navigable du Saint-Laurent, il était inévitable que les U-Boots
allassent couler des transports de marchandises, puis envoyer quelques espions fouler les berges de Baie-des-Chaleurs. Le dessin au service de l’histoire Avec l’arrivée des «  internets  » la mémoire se dilue et parfois s’inscrit dans le temps. Parfois, nous trouvons ci et là quelques traces de cette rocambolesque aventure, mais Un espion de trop (Glénat), nous ra…

Goûteuse pour Hitler

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Encensée par la critique et couronnée de plusieurs prix, la goûteuse d’Hitler de la romancière italienne Rosela Postorino sort, si l’on peut s’exprimer ainsi des sentiers battus. Loin des drames de guerres épiques, elle fait revivre de façon romancée, mais véridique, l’histoire de Margo Wölk qui fut l’une des goûteuses du Führer. Constamment sur ses gardes, ayant une peur maladive de l’empoissonnement aussi bénin soit-il, tous ses plats et desserts étaient scrupuleusement vérifiés et goûtés, bien entendu. Devenue, Rosa, elle est réquisitionnée en 1943. par les SS dans le camp retranché de Prusse-Orientale. Cette vie recluse en compagnie d’autres femmes, surveillée par des gardes chiourmes fait naître une tension palpable dans le récit. Entre la vie d’avant et Rosa qui attends désespérément le retour d’Igor, son mari, parti combattre sur le front de l’Est, la romancière nous offre un saisissant roman historique sur la contrainte m la violence et l’arbitraire. Coupable de servir Hitler …

Le jour du courroux

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C’est avec un plaisir non dissimulé que j’ai découvert l’ancien journaliste et auteur ontarien Rick Mofina. Grâce à la maison d’édition ÀLIRE, vous allez savourer cette enquête journaliste. Jason Wade, jeune premier, part faire son stage au Seattle Mirror. Comme les places sont «  chères  » et qu’il faut défendre à tout prix son travail, le jeune homme s’investira totalement, à des risques et périls. Tout à l’air paradisiaque et pourtant, des jeunes filles normalement sans histoires disparaissent. Sommes-nous en présence d’une énième histoire de tueur en série ? C’est bien mal connaitre l’auteur qui maîtrise les ficelles du métier ainsi que le rouage des enquêtes journalistiques. Et la prochaine tu seras Avec un minimum d’indices, le jeune reporter qui a un peu l’âme de Rouletabille va tisser un écheveau qui le conduira sur le campus de l’université. Qui est donc Gédéon Cull, prêtre plus ou moins défroqué, manipulateur à ses heures qui fut condamné il y a quelques années , pour harcèl…

Astérix, ludique !

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« Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ. Toute la gaule est occupée par les Romains ». Ah si les professeurs m’avaient raconté l’histoire des Gaulois et des Romains de cette façon. Il est vrai qu’à travers les aventures du célébré petit moustachu  et de son comparse Obélix, sans oublier Idéfix, les sangliers et les menhirs, nous trouvions un peu le moyen de nous évader. À tous les professeurs qui souhaiteraient remettre parfois les pendules à l’heure, sans dénaturer le mythe du héros, Astérix, les vérités historiques expliquées de l’historien Bernard-Pierre Molin (Chêne) un vrai petit bijou d’humour et d’apprentissage. Le vrai et le faux Appuyés par des dessins provenant des différents albums du petit gaulois, l’historien démêle avec beaucoup d’humour, le vrai, du faux. Est -ce, que les Gauloises étaient libérées, souvenons -nous de Falbala ainsi que de la femme d’Agecanonix, oui, par contre, il est faux de croire que les Gaulois se gavaient de sangliers. Les Gaulois, par contre, aimaient…

Paris, le peuple et l’histoire en marche

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Mon père, disait : «  il ne s’agit pas de lire tous les livres, il faut surtout lire le bon ». Pour les âmes chagrines qui croient encore que le roman policier à connotation historique est encore du roman de gare, détrompez-vous. Depuis quelques années, je suis la carrière de l’écrivain et ancien professeur de lettres Hervé le Corre. De l’homme aux lèvres de saphir 

jusqu’à Après la guerre,



 un terrible roman sur la collaboration, l’auteur sait y faire en matière d’atmosphères ainsi que d’intrigues tordues. Avec dans l’ombre du brasier, il échafaude une brillante histoire dont le cœur du sujet fut la sanglante Commune de Paris.
 Pendant deux mois en 1871, le peuple de Paris se souleva contre le gouvernement Thiers. Cet affrontement inégal cumula par un bain de sang, au sens propre du terme.
Une ambiance étouffante et quelle reconstitution Oui, nous sommes en présence d’une intrigue policière habilement menée. En plein affrontement, quand la Ville lumière n’est plus qu’un amas de ruines, de…

Jean d’Ormesson, notre ami

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Ce fut un homme de lettres, un homme du monde et une figure médiatique du Tout-Paris. Nous le pensions éternel, «  Jean d’O  », et pourtant, il a tiré sa révérence, le 5 décembre 2017.  Avant la biographie définitive qui arrivera bien un jour, et, espérons, sous la plume de Pierre Assouline, les confidences/entretiens avec la journaliste Sophie des Déserts: le dernier roi soleil ( Fayard) 
ne manquent pas de panache. Né avec une cuillère en argent dans la bouche, Jean d’Ormesson traversa son siècle, sans jamais avoir de soucis d’argent tout en se demandant qu’est-ce qu’il allait faire de sa personne ? Amoureux des femmes, collectionnant les aventures, ce dandy d’une époque révolue ne connut la gloire que tardivement. Pilier du plateau d’Apostrophes,  ami de tous, ou presque, ses querelles avec l’écrivain Bernard Frank sont légendaires, il distilla une prose intelligente qui rejoignit à sa grande surprise, toutes les générations. Au cours de ces entretiens privilégiés, la journaliste nous…

Être un policier noir, courage !

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Comme toujours, la maison d’édition Rivages sait y faire en matière de romans policiers surtout quand l’histoire est rattachée aux propos. Avec Darktown de l’écrivain américain Thomas Muller, nous sommes loin des péripéties du tandem Ed Cercueil/Fossoyeur du génial et cynique Chester Himes. Pour ce troisième roman historique, et nous attendons, impatiemment la traduction des deux premiers en français, l’auteur nous plonge au cœur d’Atlanta en 1948. Dans cette ville ségrégationniste, huit policiers noirs sont intégrés aux forces de l’ordre. Ce fait authentique fut une mince tentative pour masquer les tensions raciales, dans un coin de pays où la personne noire ne valait pas grand-chose, aux yeux de la justice. N’ayant pas le droit de conduire ni de procéder à des arrestations, ce rôle, disons symbolique ne pouvait qu’entrainer des frustrations et à long terme, une contestation judiciaire. Deux policiers au mauvais endroit Lucius Bogg, fils de Pasteur et Tommy Smith, vétéran de la Second…