Les pirates : Une communauté de liens
La république du crâne
De Brugeas et Toulhoat
Dargaud
221p
Voilà une étonnante bande dessinée qui est bien loin des sombres histoires de pirates disons classiques. Nous sommes loin du vénérable Barbe-Rouge et beaucoup plus proche de ce qui racontait à une époque Louis Garneray (Éditions Phébus), même si celui — ci, fut un corsaire, pour comprendre le mécanisme qui régissait cette communauté de liens. Avant de plonger dans cette fabuleuse BD, il convient de lire en détail l’introduction. « Après dix années d’existence faste, de 1716 à 1726, les pirates du XVIIe siècle ont été exterminés, moralement et physiquement».
Si les guerres maritimes ne sont pas terminées, la traite des esclaves particulièrement cruelle apporte un peu de travail à ces anciens brigands et/ou corsaires. Mais la vie est difficile et « les, pirates premiers adversaires d’un capitalisme sans âme» vont se révolter. Que nous soyons en accord avec ces faits historiques, La république du crâne nous fait découvrir la jonction entre les esclaves et ces forbans des mers.
Des alliances pour survivre
En neuf chapitres, tous aussi haletants les uns que les autres, le tandem Brugeas/Toulhoat revisite cette épopée. « Plutôt que de vivre les fers aux poings et mourir libre la corde au cou», l’ex-pirate/capitaine Sylla va fomenter la révolte. Soutier sur un brigantin britannique, il va faire taire les coups de trique et s’emparer violemment du vaisseau. Le trait aussi vif que nerveux du dessinateur donne le ton, le tout appuyé par une scénarisation solide ou vous allez comprendre les motivations de tout un chacun, au fil de cette longue histoire tragique. Pendant cette épopée vertigineuse, Sylla et son aide de camp vont croiser la route d’une reine africaine (qui a vraiment existé) et son équipage composé d’antiques esclaves.
Du rythme, nous en avons au centimètre carré avec ce goût de l’aventure et de ces criques qui pouvaient abriter monts et merveilles comme malandrins. Des scènes de batailles à profusion, des hommes et des femmes forts qui font de cette bande dessinée, un réel joyau. Après votre lecture, une dizaine de pages entrecoupées de belles iconographies nous renseignent un peu et au-delà des images d’Épinal, sur ce que fut la piraterie des temps anciens.




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