"Gaston, y’a le téléfon qui son!"

 

                                                                      


Gaston

Le retour de Lagaffe

Delaf

D’après Franquin

46 p

Nous y sommes. Depuis que je fait des comptes-rendus dans le domaine de la bande dessinée et autres genres littéraires, jamais je n’ai lu autant de crêpage de chignon pour  une suite. Il faut avouer que le sujet est d’importance puisqu’il s’agit de Gaston Lagaffe, création du génial André Franquin (1924-1977). En 1957 dans le journal Spirou, ce fut la naissance du plus grand gaffeur écologique, ami des bêtes avec son célèbre chat et sa non moins sympathique mouette rieuse. Employé de bureau dans un journal : il se défile du courrier à trier, milite pour la planète, fait échouer tous les contrats que doit signer Mr DeMaesmaker, rend fous Prunelle et Fantasio ainsi que Lebrac et cultive une relation platonique avec la douce Mlle Jeanne.

                                           


Monument du 9e art, ses admirateurs lui vouent un culte sans bornes (et j’en suis), l’idée d’une reprise après bien des imbroglios judiciaires voit enfin le jour.

Et vint Delaf

Co -créateur de la série : Les nombrils, 

                                              



ayant grandi avec Lagaffe, Delaf est un artisan honnête qui a le sens du punch, de la repartie, et du gag bien tourné.

Est-ce que son Gaston est une trahison ? Pas du tout. Et nous pourrions ajouter que les dessinateurs/scénaristes qui ont repris les aventures de Tanguy et Laverdure, Barbe rouge, Michel Vaillant et même Astérix le font parfois avec des idées nouvelles sans dénaturer l’essence ces créateurs.

Notre gaffeur était-il en vacances, qui sait ? Toujours est-il que la première page s’ouvre sur son retour au bureau, comme si de rien n’était. Il se réapproprie ses bonnes habitudes, fouille dans le placard ou tous ses objets du désastre ont été rangé et hop, la boule de quilles tome sur la tête de Prunelle.

                                             


                                    

Le dessin est consistant, plus aéré tout en conservant la continuité Franquin. Du petit Gaston en visite qui découvre les talents de chimiste de Gaston à l’Invention Du G-Phone sur roulette qui devient un « « aie-phone », nous sommes en terrain connu et les gags fonctionnent.

                                     


Heureux, je fus de retrouver la mouette et le chat, toujours aussi dingues,


                                                 


 mademoiselle Jeanne en vélo ou en camping, et le constable Longtarin qui pourchasse encore Gaston.

                                  


Humaniste, la page 13 réunit tout ce que défend notre héros la fin de semaine. Il joue aux cartes avec un gorille, repeint la grange de son copain cultivateur avec un triple rouleau astucieux, récupère les huiles usées, puis aide une famille de canards à traverser la route. Sans le savoir, Prunelle affirmera : « Évidemment, quand vient le temps de se rendre utile, ce n’est pas sur lui qu’il faut compter ». S’il savait !

La suggestion de planches s’avère donc réussie. En trois étapes qui renferment bien des clins d’oeil sur la création ainsi que la volonté « d’un petit jeune » qui veut se faire publier, le vol de dessins chez Dupuis est un petit bijou.

En conclusion, donnons la chance à Delaf qui accomplira sans contredit le bonheur de nouvelles générations, incluant le Gaston de Franquin.

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