Alix : La conspiration contre les César
Par Robert Laplante
La nouvelle année est enfin arrivée, pleine de promesses et des lendemains qui chantent. Ces lendemains qui vont nous faire du bien après l’horrible 2023. Espérons aussi que nous entendrons moins les jacassages incessants des conspirationnistes.
Mais, des conspirationnistes et des conspirations, il y en a toujours eu. Prenez les deux actuels Alix comme exemple. Ils sont sous le signe de la manipulation. L’un pour s’accaparer de la tête de l’empire, l’autre pour encourager les Grecs à se rebeller ouvertement contre une Rome déchirée entre les ambitions de César et celles de Pompée.
Je commencerai donc l’année avec des complots. Mais pas question de chemtrails, de grand remplacement, d’Illuminatis ou d’extra-terrestres. Non juste de bonnes vieilles conjurations politico-historiques pour kidnapper le pouvoir. Machinations dans lesquelles Alix va jouer un rôle majeur.
Ça va mal pour le sénateur Alix. Après son expédition pour découvrir l’Atlantide, le Gaulois est rejoint sur les rives du Rhin par son fils Titus, officier de Tibère. Si Titus est en Germanie, c’est que Tibère, son frère Drusus, le successeur potentiel d’Auguste, et Rome sont en guerre contre les Germains. Ah ces Germains qui refusent constamment de se soumettre. Et comme un malheur ne vient jamais seul, Drusus est blessé grièvement. On imagine même qu’il s’en sorte. Au grand dam de sa mère, l’impitoyable Livia Drusilla qui a toujours manigancé pour qu’il prenne le pouvoir.
Tout son beau plan est sur le point de s’écrouler. Non seulement Drusus vit ses dernières heures, mais en plus elle doute que Tibère ait la stature pour exercer la domination ultime. Et comme si ce n’était pas assez, il y a ce Titus, fruit de l’amour entre Alix et Lidia Octavia, la fille de l’empereur lui-même. De quoi inquiéter l’intrigante mère de Drusus et de Tibère.
Elle s’associe donc avec le chef des Chérusques, une population germaine alliée, pour faire disparaître Alix et son fils. En échange elle promet une aide militaire romaine pour mater certaines factions de sa nation en rébellion ouverte contre son autorité. Toutefois personne ne doit soupçonner ces alliés de Rome depuis toujours. Alors pour brouiller les pistes, les Chérusques se déguisent en Cattes, un peuple particulièrement hostile à Rome, pour commettre leur forfait.
Avec la mort de Drussus et la disparition d’un sénateur romain, et qui plus est l’ami d’Auguste, Tibère n’aura pas le choix. Lui qui voulait faire cesser la guerre avec la Germanie devra pour répondre à cet affront les massacrer. Mais se départir d’Alix n’est pas aussi facile que l’imagine la perfide Livia Drusilla,
14e tome d’Alix Senator : Le serment d’Arminius nous amène dans les sombres méandres de la course à la succession d’Auguste. Un implacable parcours où les couteaux volent bas et les coups vicieux sont permis. Même si ça signifie se débarrasser de ses citoyens, trahir sa parentèle et sacrifier à l’autel de ses ambitions les soldats les plus valeureux de Rome, ceux qui ont fait sa gloire.
Valérie Mangin, appuyée par le dessin efficace et magnifique de Thierry Démarez, nous guide dans les chemins les plus obscurs d’un Empire devenu le jouet des assoiffés de pouvoir. La scénariste fait danser la petite et la grande histoire où derrière les silences, nous pouvons entendre le fracas des épées, le bruit des corps qui se disloquent, le hurlement des mourants et les chuchotements des incessantes conspirations qui nourrissent les officines occultes. s
Encore une fois en matière d’aventures historiques, Alix Senator est parmi les plus belles réussites du genre.
Si j’adore Alix Senator, je suis un peu moins adepte de sa mouture classique, plus proche Jacques Martin. Non pas qu’elle ne soit pas bonne, mais il faut bien avouer qu’elle est plutôt inégale depuis la mort de maître.
Le bouclier d’Achille est un des bon Alix. Cette fois-ci, le jeune Gaulois, il n’est pas encore sénateur, doit enquêter sur l’apparition d’un bouclier qui aurait appartenu à Achille. Oui, oui, le Achille ! Celui qui a vaincu les Troyens.
Une telle relique pourrait galvaniser certains Grecs qui rêvent d’en découdre avec une République romaine affaiblie par la guerre entre César et Pompée. Il est donc urgent qu’Alix retrouve ce bouclier, d’autant plus, que son ennemi de toujours ; Arbacès est aussi à sa recherche. Tout comme les hommes de Pompée. Et c’est sans compter sur ces mystérieux cavaliers noirs, qui se disent descendants des Myrmidons, qui désirent lui mettre le grappin dessus aussi.
, Nous sommes dans un Alix classique, il n’est pas question ici de se mouler au modèle d’Alix Senator. Mais c’est un classique qui se lit bien. Un classique où les données historiques se métissent merveilleusement bien à un scénario plein de rebondissements et bien raconté. Et puis il y a aussi le dessin aéré de Jailloux qui permet à l’intrigue de mieux respirer. Ce qui n’est pas toujours le cas avec les autres moutures d’Alix.
Deux bons Alix qui ouvrent très bien bien cette année 2024.
V Mangin, Thierry Démarez, d’après Jacques Martin, Alix Senator, Le serment d’Arminus, Casterman.
Jacques Martin, M Jaillou, R Seiter, Alix, Le bouclier d’Achille, Casterman







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