Au revoir là dessous
Comme si nous étions des fantômes
De Philip Gray
Sonatine
504 p
Des champs de coquelicots et trois mois après la fin de la Première Guerre mondiale. Historien, journaliste, l’auteur britannique s’est inspiré de l’expérience de son grand-père dans les tranchées et quelle surprise ! Après la lecture de trois chapitres, nous avons immédiatement songé à : Au revoir, là-haut de Pierre Lemaître,
Un long dimanche de fiançailles (le film)
ainsi que Capitain Conan de Roger Vercel
qui fut porté à l’écran avec un bouleversant Philippe Torreton. Déjà, nous savions que la lecture serait passionnante.
Retrouver un disparu
Amy Vanneck, jeune Anglaise de très bonne famille, parvient à Amiens (France), lieu de mille affrontements. Sans nouvelles de son bien-aimé, le capitaine Edward Haslam qui lui écrivait régulièrement, elle veut savoir ce qu’il lui est arrivé et ultimement, identifier sa dépouille. Parmi ceux qui ont la lourde tâche de reconnaître les morts, nous retrouvons la figure centrale du capitaine Mackenzie. Avec son équipe, composée comme il se doit de militaires, il patauge dans les tranchées, essaie de ne pas marcher sur une mine ou ne pas faire exploser un obus enfoui qui a partialement décimé son escouade.
Ce roman triple évoque une toute jeune après-guerre ou ennemis et amis ont le même linceul. Avec justesse et sans pathos, la vie du capitaine Mackenzie est constituée de petits instants pour dénicher une sépulture adéquate à ses jeunes hommes, jusqu’au jour, ou dans un tunnel, il trouve douze soldats britanniques assassinés. Sommes-nous en présence d’un crime de guerre ou d’un tueur en série ? Tout est possible. De fil en aiguille et toujours en but avec ses supérieurs, il va essayer de comprendre tout comme Amy qui serra elle aussi des fouilles.
En bon historien, Philip Gray constate les horreurs de la guerre ainsi que ces soldats qui partaient la nuit ; des commandos en somme pour capturer un ennemi haut gradé qui allait leur donner des informations stratégiques. Vous découvrirez également la contrebande d’opium, les Chinois « coolies » enroulées de force pour faire le « sale travail » et finalement, des trafics en tous genres qui conduiront peut-être au meurtre ?
C’est un roman historique fascinant, conçu comme une poupée russe avec son lot d’énigmes ou les chausse-trappes sont légion. Avec en toile de fond, cette boucherie, que fut la première mondiale ou le rôle du simple soldat qui montait au front, servait parfois à accrocher une médaille au revers d’un supérieur avide de glorioles.

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