Notre frère, le botaniste

 

                                                               


Le Laurentien

la vie du frère Marie-Victorin

Par Mathieu-Robert sauvé 

VLB éditeur

528 p

Cette rentrée littéraire a été marquée par l’excellence de plusieurs biographies, toutes aussi réussies les unes que les autres. Bien sûr, nous pensons à celle sur Jean-Marc Vallée, réalisée par Olivier Bourque et Isamël Houddassine, une véritable réussite teintée d’amour. Nous pensons aussi à la biographie ébouriffante de Beauté sur Dommage, signée Jean-François Brassard, et enfin à cette dernière, que nous avons dévorée d’une traite. Je sais que le mot est surexploité, mais comment décrire l’impact d’un homme passionné qui a donné au Québec ses lettres de noblesse en botanique ?

                                                  


Mathieu-Robert Sauvé, un scientifique dans l’âme et un vulgarisateur hebdomadaire dans le Journal de Montréal, est un coureur de fond discret, selon une expression sportive. « Le Laurentien » est une biographie qu’on déguste lentement, goutte par goutte, sur la vie et l’immense travail du frère Marie-Victorin. Il est connu pour avoir fondé le Jardin botanique et pour être devenu le premier professeur de botanique à l’Université de Montréal, après avoir été un chercheur autodidacte. C’est un bel hommage à cet homme qui, malgré son origine d’une famille nombreuse, n’avait rien d’un prédestiné à une telle carrière !

Animé d’une foi profonde et rationnelle, ouvert aux idées novatrices, cultivant la modernité, il se joindra aux Frères des Écoles chrétiennes, une congrégation vouée à l’enseignement primaire et secondaire. Qui en sortira plsu d’un ou d’une misère ? Parce que tous les prêtres n’étaient pas des personnages ignobles. Matthieu-Robert Sauvé a examiné et étudié un nombre incalculable de documents pour nous éclairer sur des questions intellectuelles complexes, botaniste avant tout. Avec une profonde fierté pour son peuple et pour le Québec, vous pourrez lire ce qu’il a écrit sur ses semblables et les gens des îles de La Madeleine. On n’a rien vu de tel depuis. Avant même l’avènement d’Internet, il tissait des liens avec tous les scientifiques du globe. Il parcourut le monde, mais plus encore sa province. Il fut l’auteur de « La Forêt Laurentienne », un ouvrage encyclopédique, magnifiquement illustré, qui fait encore aujourd’hui figure de référence.

Un esprit alerte qui a écrit beaucoup et qui, à son décès, a laissé derrière lui un grand nombre d’oeuvres littéraires, de correspondances littéraires, parfois intimes, ainsi que des sujets scientifiques.

Le bâtisseur d’un Québec scientifique bien avant la Révolution tranquille, porté certainement par une foi divine, mais aussi par le souci que sa chère province entre dans la modernité. C’est absolument remarquable. Le travail d’une décennie, d’un journaliste que nous devons remercier de tout cœur.

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