Sublime polar, sublime JP Manchette
Que d’os
Scénario de Doug Headline
Dessins de Max Cabanes
D’après le roman de Jean-Patrick Manchette
Aire Libre
104 p
Il est juste de dire que l’année 2026 démarre avec autant d’enthousiasme dans le domaine de la bande dessinée qu’elle l’est dans celui du roman policier. Je brûlais d’impatience à l’idée de découvrir la dernière création de JP Manchette, écrite par son fils et mise en images par Max Cabanes. Il est souvent qualifié de « père du néo -polar », mais il est avant tout un écrivain autodidacte, solidement enraciné dans la réalité, qui saisissait à merveille l’esprit de la décennie 1970. Notons également que JP Manchette était un critique de cinéma chevronné et de romans policiers, tout en étant « armurier » pour des confrères auteurs, sentiment de ne pas partir sur de fausses routes.
Dans « Que d’os ! », son personnage emblématique, Eugene Tarpon, n’est pas un héros, mais il mène des enquêtes avec des moyens simples pour découvrir la vérité.
Nous voici en France, au cours des années 70. Les séquelles de la collaboration pendant la Seconde Guerre mondiale sont encore bien visibles, avec des mystificateurs se faisant passer pour des résistants et des traîtres. Parallèlement, des groupes radicaux de gauche et de droite rêvent toujours de révolution. Le futur reste incertain.
Notre ami Tarpon, plein de compassion et désireux d’en savoir plus sur son passé, n’hésite pas à l’aider. Il s’engage dans une quête pour retrouver Philippine, une jeune femme non-voyante qui a obscurément disparu il y a deux jours.
L’énigme s’épaissira, révélant de nombreux aspects cachés. Les illustrations de Max Cabanes, dans la tradition des romans policiers des années 70, sont lugubres et mystérieuses, ne laissant rien au hasard. On ne peut s’attendre à plus de clarté que de pénombre. Le découpage cinématographique s’adapte tout à fait au scénario tranchant, où le personnage principal demeure inévitablement Eugène Tarpon. Ayant perdu toute confiance en l’humanité, il évolue dans ces coins sombres, que le dessinateur domine parfaitement. Un roman noir solide, qui vous permettra, j’en suis sûr, de redécouvrir JP Manchette, si ce n’est déjà fait. Bref, une source de bonheur !
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