Café amer
La jungle du café
Enquête sur un trafic mondial
par Pierre Wolf-Mandrou
Plon
550 p
Le prix d’un simple café peut sembler élevé, sans compter les variantes onéreuses de Strabuck ?
La solution ne se limite pas à la recherche du profit, mais vise à corriger un déséquilibre où la loi du plus fort règne en maître. À l’instar d’Albert Londres, le journaliste d’investigation Pierre Wolf-Madroux éclaire le monde cruel de l’inégalité profonde, en particulier dans l’industrie du café, où les petits producteurs sont souvent exploités. Après avoir visité plusieurs continents, le tableau qui se dessine est loin d’être idyllique, laissant présager que votre prochaine tasse de café sera amère.
Des cultures de café du Brésil à la Colombie, en passant par le Yémen ou le Vietnam, une dynamique inexorable est enclenchée. Les multinationales fixent les prix au plus bas possible. Elles dominent le marché, car il n’y a pas de réglementation sur le prix du café, malgré les fluctuations boursières.
Les petits producteurs qui travaillent fort dès l’aube et jusqu’au crépuscule ne possèdent aucun pouvoir de négociation. Ils sont soumis aux caprices du marché et font face à une forme d’esclavage moderne avec des salaires misérables.
Des sociétés comme Nestlé, Starbucks et Lavazza, qui règnent en maître dans le secteur du café, imposent leurs règles sans se soucier des conséquences pour l’humanité. Elles établissent des critères de production accélérés, au détriment de la planète et des conditions de travail humaines.
Au fil des ans est apparue la notion de café équitable. Mais le diable est dans les détails : parfois, les outils de marketing puissants cachent mal la persistance des inégalités et le sort misérable de ceux qui travaillent dans des conditions difficiles (sans aucune couverture d’assurance). Le café dit responsable est rarement synonyme de justice sociale.
Malgré ce portrait sombre qui ressemble beaucoup à un roman d’espionnage mâtiné de quatre louches d’économie, certains producteurs, des petits évidemment, misent sur la qualité, tout comme certains circuits courts qui peuvent améliorer la condition sociale, soit une meilleure rémunération.
Une enquête dérangeante, puissante et extrêmement complexe dans un monde sans foi ni loi, souvent à l’abri des regards, où les plus pauvres, hélas, sont vulnérables et invisibles.
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