Se souvenir des mineurs et d’une tragédie

 

                                                 


Le jour d’avant

D’après le roman de Sorj Chalandon

Romain Dutter ( scénario)

Simon Géliot ( dessins et couleurs)

Steinkis

222 p

Le 27 décembre 1974 à 6 h 30 du matin, quarante‑sept mineurs perdaient la vie (coup de grisou) à Liévin dans le Pas de Calais. En écrivant cette chronique, je pense évidemment à mon ami Guy Bardet, qui m’a beaucoup appris sur les mines et plsu encore sur les mineurs. À partir de cette tragédie incommensurable, le romancier Sorj Chalandon écrira un roman particulièrement touchant, intitulé : Le jour d’avant (2017, Grasset), qui dénonçait férocement le rôle de l’entreprise, qui a privilégié le rendement au détriment de la sécurité.

Ce week-end, sur la rue Saint-Denis à Montréal, aura lieu le Festival de la bande dessinée. Le scénariste Romain Duttier sera l’un des invités. Vous pourrez y découvrir l’adaptation en bande dessinée du roman de Chalandon, qui vous procurera un véritable coup de fouet. Le récit, profondément humain, explore des thèmes tels que la culpabilité (un frère qui cherche à honorer la mémoire de son père et de son frère décédé), la solitude et celle du monde ouvrier, abandonné de tous.

                              


Michel, l’unique survivant, sera hanté par le souvenir de son père, qui lui avait confié : « venge nous de la mine ». Tout est encore vif dans cette adaptation remarquable  : la tension narrative est maintenue par un scénario soigneusement élaboré, qui met en évidence les défaillances de l’entreprise, les petits chefs qui ignoraient la tragédie imminente, l’impunité des responsables, ainsi que les familles éplorées abandonnées à elles-mêmes.

Le trait rugueux de Simon Géliot confère au récit une dureté, une gravité, que l’on retrouve dans les visages, tout comme le charbon, symbole du deuil.

                                    


C’est une histoire écrasante, certainement pas réjouissante, qui se déroule dans notre époque actuelle. Nous ne devons pas oublier ces disparus, qui ne demandaient rien de plus que de pouvoir élever leur famille dans des conditions souvent difficiles.

C’est une bande dessinée graphique qui exige du temps et qui est pourtant essentielle.

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