Un héros discret, Un village de justes

 

                                                             


                                 

Léo Major

la longue nuit du fantôme borgne

Antoine ( scénario)

Ginevra( Dessins)

Glénat Québec

82 p

Ceux de Chambon

1939-1944

L’histoire vraie de deux frères sauvés par les justes

Matz/ Kanellos Cob/ Kathrine Avraaam

Steinkis

126 p

Le 6 juin approche, non celui de notre année, mais bien celui de 1944. Une armada déferla sur les côtes. De jeunes hommes y laissèrent leur vie pour nos libertés futures. N’oublions jamais. Au fil des ans, combien de fois avons-nous souligné cet évènement, qui est un hommage de notre part, soit à travers les photos du reporter de guerre Robert Capa, 

                                                 


embarqué sur un chaland aux premières heures du jour, ou certains livres d’histoire, ou encore l’immense film de Steven Spielberg, criant de vérité : Il faut sauver le soldat Ryan.

À la veille du 6 juin, nous allons vous conter l’histoire d’un héros discret, d’un homme doux qui faillit perdre un œil et qui subit de nombreuses fractures. Il libéra à lui seul, par un coup de génie, la ville néerlandaise de Zwolle. Si vous passez par là, il y a une statue à son effigie et les élèves célèbrent encore sa mémoire.

La mémoire, cette chose évanescente, n’a resurgi qu’au début du nouveau millénaire, révélant les détails de la jeunesse de Léo Major (1921-2008).

                                                   


Toujours modeste, il a décidé de s’engager dans l’armée, non pas pour combattre, mais principalement pour toucher une solde et échapper à un père qui le rabaisse constamment. C’était le contraire de ce que pensaient sa mère et ses frères et sœurs.

Les Allemands l’avaient baptisé « Fantôme borgne » en raison de sa dextérité au tir et de sa maîtrise des explosifs. C’était un véritable homme d’action qui remporta de nombreux succès militaires, notamment la capture de 93 soldats lors de la bataille de l’Escaut, et la libération de Swolle le 13 avril 1945, en compagnie de son camarade Willy Arseneault. Hélas, cet homme perdit sa jeunesse au cours de cette expédition. Cette bande dessinée est une dédicace émouvante à un soldat discret qui ne se vantait jamais de ses exploits, mais qui fut stupéfait de voir sa ville l’inviter pour célébrer le 50e anniversaire du Débarquement. Le scénario, soigneusement élaboré, s’inspire de documents et d’entretiens, tandis que le destin modeste du personnage correspond parfaitement à sa personnalité. Une fois de plus, il sera envoyé au combat lors de la guerre de Corée. Cette histoire, qui met en évidence des aspects profondément humains, est infiniment plus précieuse que les récits grandioses. Bravo à Glénat Québec pour faire rayonner outre l’Atlantique, l’histoire d’un homme hors du commun !

                                            


Un petit village qui sauva des vies

Après la Seconde Guerre mondiale, des personnes non juives ont reçu le titre de « Justes parmi les Nations ». Elles ont mis leur propre vie en danger pour sauver des enfants, des hommes ou des femmes des atrocités et des exterminations perpétrées par le régime nazi. Grâce à cette recherche détaillée, nous découvrons le village de Chambon-sur-Lignon, qui a accueilli des enfants, les protégeant de l’ennemi pour qu’ils n’aient pas à subir le sort des camps de la mort.

Cette bande dessinée touchante, mais pourtant simple, est inspirée des mémoires d’Étienne Weil, un vieil homme, qui évoque la bonté des habitants d’un petit village. Elle a été réalisée en collaboration avec le scénariste Matz et les illustrateurs Kanellos Cob et Kathrine Avraam. Elle raconte l’histoire d’une famille profondément ébranlée en raison de son origine juive. Grâce à des récits soigneusement étayés à la fin de l’ouvrage, nous accompagnons la trajectoire de cette famille, qui évolue constamment d’un endroit à un autre. Tout est relaté sans mièvrerie, mais avec une maîtrise narrative remarquable. C’est une petite histoire dans la grande, avec le sentiment du sacrifice pour les autres. Je la recommande à tous les élèves, y compris les plus jeunes.

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