Ça plane pour eux… pas certain

 

                                              




Le Sixième Sens 

 Par JR Dos Santos

Hervé Chopin

475 p

Nous continuons notre cycle de lecture estivale. Depuis La Formule de Dieu, JR Dos Santos a mené une sorte de vie double. En tant qu’animateur vedette du journal télévisé, il enfile rapidement un costume différent dès que les caméras s’éteignent : celui de l’auteur qui observe l’histoire en cours, les zones floues du monde et les régions en constante évolution du thriller. Au cours de sa récente visite à Montréal, seulement trois jours avant de reprendre l’antenne, il nous a révélé comment cette alternance alimente son processus d’écriture. Il est indéniable que les romans de cet auteur occupent une place unique.

Avec Le Sixième Sens, l’auteur s’attaque aux effets — et aux secrets — des psychédéliques sur notre perception du réel et, osons le mot, sur la santé. Pas question ici de vulgaire marijuana, mais de LSD et d’autres substances qui excitent autant certaines officines gouvernementales que des pharmaceutiques flairant de nouveaux marchés, disons… lucratifs.

À Lisbonne, un homme chute du dixième étage. Un accident ? Certainement pas, puisqu’un message est adressé à Tomás Noronha, célèbre cryptologue aussitôt contacté par la CIA. Pour comprendre la mort de son collègue, notre héros — tout sauf un James Bond — devra filer du Népal au Mexique, sur la trace de nouvelles substances dites « enthéogènes », capables d’ouvrir des portes insoupçonnées dans l’esprit humain. Certes, c’est un « frileur », comme disait si bien le regretté Michel Lebrun : un thriller qui demande un peu d’acclimatation à quelques termes scientifiques. Mais le temps que vous y consacrerez en vaut largement la peine.

Et puisque nous y sommes, Dos Santos a bien voulu s’expliquer sur ce nouveau roman.

Avant d’aborder Le Sixième Sens, il est impossible de ne pas revenir sur La Femme au dragon rouge. Vous n’avez pas dû vous faire que des amis.

« Tout à fait, et j’ai même reçu des avertissements déguisés. La Chine utilise une poigne de fer dans ses relations avec autrui, surtout avec les Ouïghours. Et cela, il faut absolument en parler. Tout comme en Afrique, où elle exploite des gisements de métaux rares de façon, disons, esclavagiste. »

Avec Le Sixième Sens, vous revenez sur le LSD, qui pourrait ouvrir de nouveaux horizons, contrairement à l’alcool qui crée une forte dépendance. L’idée n’est pas neuve, mais votre roman s’appuie sur des bases solides.

« Il faut bien comprendre que tout cela s’inscrit dans un cheminement thérapeutique. Et que ces substances peuvent aider à guérir des névroses, du stress post-traumatique ou des comportements compulsifs. Je n’ai pas voulu écrire un traité — je ne suis pas scientifique — mais un thriller psychologique qui fait réfléchir, tout en gardant à l’esprit que cela reste un roman. »

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