La gardienne des lieux
Hôtel Avallon
par Maggie Stiefvater
Seuil
448 p
Un soir, parce que je cherchais quelque chose à regarder à la télévision, je suis tombé sur la série Hôtel Portofino. Cette délicieuse série évoque l’élégance bourgeoise et l’effervescence du monde des années 30, tout en mettant en arrière-plan la montée du fascisme et la menace d’une nouvelle guerre mondiale. Hötel Avallon se déroule dans la même veine, mais en 1942 au coeur des Appalaches. C’est un établissement haut de gamme digne de la Côte d’Azur, entouré de montagnes majestueuses. Ne réside pas là qui veut. Il faut beaucoup de moyens et une certaine délicatesse pour s’adapter à une nature différente de celle des ouvriers d’usine. J’appréhendais de tomber sur une romance naïve, mais non.
Maggie Stiefvater s’est inspirée d’un événement historique réel. En 1942, le FBI et les services secrets américains ont logé sous tutelle des dirigeants de l’Axe en prévision d’un échange avec des officiers américains capturés. Cette institution prestigieuse deviendra le reflet d’une guerre inavouée. La famille Gilfoyle, quant à elle, peut compter sur June Hudson depuis 20 ans. Maîtresse des lieux, elle s’assure que les rideaux soient bien repassés et qu’on prenne bien soin de chaque client. Son univers est bouleversé.
Elle doit faire place aux agents du FBI, dont le redoutable Minnick ainsi que les services secrets. Considérant que ces deux institutions se détestent cordialement. Parce qu’il est surtout question d’atmosphères dans ce lieu clos. Chacun surveille les autres et étudie leurs agissements. C’est en soi une chronique d’ambiances, sans toutefois se rapprocher du roman policier. Nous sommes presque certains qu’Avallon sera porté à l’écran, et que dire de la personnalité de June Hudson qui tient presque tout le récit sur ses épaules ! Mieux qu’une majordome, elle est une femme de devoir dans un monde trouble.
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