Marc Bloch au Panthéon : Hommage à un humble historien

 


                                            




Aujourd’hui, 23 juin, Marc Bloch et sa femme entreront au Panthéon. J’ai découvert ce grand homme, il y a plus de 20 ans, grâce à mes parents qui m’offrir : L’histoire, la guerre, la résistance. Une somme de textes, des hommages et plus encore , ce texte capital, il ne le vit jamais de son vivant : L’étrange défaite.

                                                               


                    

Marc Bloch, qui fit la Première Guerre mondiale, fut un homme de son temps qui refusait les amalgames, préférant l’histoire (passée et présente) pour éclairer son savoir.

Son intronisation est une réparation tardive. Historien, résistant, exécuté un soir de juin 1944, non pas parce qu’il était juif. En entrant au Panthéon, il nous apporte l’inspiration ainsi que le courage.

Bloch n’aimait ni les tribunes ni les discours. Il préférait les archives, les champs labourés, les traces minuscules qui racontent mieux qu’un manifeste la vie des hommes. Pourtant, le voici célébré.

Bloch fut d’abord un passeur. Cofondateur des Annales, il a déplacé le regard, refusant l’histoire-bataille pour lui substituer une histoire des mentalités, des gestes, des croyances. Une révolution tranquille, presque artisanale, qui irrigue encore les sciences humaines. Il fut aussi un citoyen refusant l’armistice, rejoignant la Résistance, écrivant L’Étrange Défaite. Un cri disons lucide !

Son arrestation par la Gestapo, et les sbires de Klaus Barbie, sa détention à Montluc, son exécution dans un champ de Saint-Didier-de-Formans. Elle donne à voir un homme qui, jusqu’au bout, a tenu ensemble l’exigence intellectuelle et l’exigence morale.

Marc Bloch entre au Panthéon comme on ouvre un livre précieux. Son œuvre n’a rien d’un monument figé. Elle respire, interroge, dérange parfois. Elle nous oblige.

Il ne fut pas un héros figé dans le bronze, mais un esprit libre, un chercheur de vérité, un homme qui a su faire de l’histoire une manière d’habiter le monde. Et encore merci à mes parents, surtout ce que ce livre fut annoté de la main de mon père. Historien à sa manière qui m’a beaucoup appris, tout comme ma mère, toujours là pour moi et bien informée.


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