Pulp Fiction, adolescents en mal de mystères
Les mystères de Hobtown
Les hommes disparus
Tome 1
Par Bertin et Forbes
Delcourt
290 p
Entre le photoroman, la bande dessinée graphique et le roman policier, « Les mystères de Hobtown : L’affaire des hommes disparus » est un peu tout cela. Kris Bertin et Alexander Forbes, publié chez Delcourt, nous offrent une bande dessinée qui ressemble étonnamment à un film.
Nous voilà à Hobtown, une charmante ville côtière de la Nouvelle-Écosse. Au début des années 90, elle semble figée dans le temps, avec ses façades paisibles, ses rues désertes et ses adolescents qui rêveraient d’une vie plus animée. Cependant, leurs souhaits sont exaucés ! En effet, quelque chose ne tourne pas rond. Six hommes ont disparu au fil des ans et la police reste inactive, ou refuse de reconnaître la vérité. Les adultes trompent les jeunes, les autorités s’enfoncent dans le déni. Nous pensons à certaines séries américaines qui s’aventurent dans les petits drames, les jalousies ou l’horreur, à la manière de Stephen King. Toutefois, Bertin et Forbes, qui ne sont pas récents, incorporent un humour parfois mordant et une manière de transformer le banal en bizarre.
Chaque détail est important, avec autant de signes que la normalité n’est qu’une façade fragile. Leur style graphique et angulaire rappelle rapidement au lecteur que Hobtown se révélera être un piège dans la plus pure tradition du roman policier à haute tension.
C’est toute une communauté qui se délite et qui se clôt les yeux, se réfugiant dans le déni pour éviter de faire face à la vérité. Les jeunes, quant à eux, avancent maladroitement, mais avec clairvoyance et courage.
On ferme l’affaire des hommes disparus avec l’impression d’avoir traversé un territoire incertain où l’adolescence se transforme en une arme contre l’oubli du monde. Bertin et Forbes signent un récit sombre et troublant, profondément humain. Une BD qui perçoit la vérité et qui regarde loin.
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