Dangereuses liaisons politiques et amoureuses
Des hommes de guerre
De Robert Harris
Belfond noir
509 p
Un maître du thriller historique, oui. Depuis : Fatherland (en passant par Enigma et Conclave, porté à l’écran), je suis avec attention l’oeuvre de l’écrivain britannique Robert Harris. Ses récits sont toujours soigneusement étayés, et ce dernier opus ne fait pas exception. Il manie la ruse tout autant que les évènements réels.
Avec : Des hommes de guerre, nous sommes à Londres en été 1914. Les tambours de guerre commencent à résonner et la Home Fleet affûte ses canons, au cas où elle devrait affronter la puissante marine du Kaiser. Pendant ce temps, les intrigues de couloir ne manquent pas, comme celle sur l’oreiller qui met en scène la jeune aristocrate Venetia Stanley, proche de Churchill, et le premier ministre Herbert Henry Asquith, deux fois son aîné et grand-père. Si cet homme perçoit en cette séduisante aristocrate une conseillère, alors le coeur pourrait surpasser ses préoccupations politiques. L’Irlande est au bord d’un conflit armé, ce qui place sous pression tous les ministères et la Couronne britannique.
Le contexte est authentique, en particulier lorsqu’il y a divulgation d’informations confidentielles. Pour éviter des bruits dans la presse, l’affaire est remise à un jeune officier du renseignement britannique, Paul Deemer. Isolé, obstiné, certains le qualifieront même d’entêté, il mène également une enquête sur un meurtre qui le connectera directement à la maîtresse du premier ministre. Cela relève de l’imagination du romancier.
Ce livre est véritablement remarquable, car il se situe à la frontière entre le réel et la fiction de haute voltige. Il s’agit d’une sorte de ballet macabre qui nous laisse deviner ce qui va se passer pendant l’été 1914. Un monde qui s’effondre, une idylle périlleuse dans les coins d’un empire qui dévore sa jeunesse. Le crépuscule des dieux sur fond de « galipettes » : une nouveauté qui annonce une saison littéraire prometteuse.
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