Le sens du mot liberté

                                                                          


                                              

Volia

par Anastasia Fomitchova

Grasset

279 p

En 2025, la jeune docteure en sciences politiques, Anastasia Fomitchova, recevait le prix André-Malraux pour son essai sur la guerre en Ukraine, et pas seulement le conflit. En lisant ses remerciements, j’ai vu apparaître le nom de Gérard Chaliand, décédé cette année. Celui-ci, qui fut l’un des rares experts indépendants des guérillas, a immédiatement compris le potentiel de ce récit, qui décrit, jour après jour, les affres d’un conflit injuste. Cette guerre en Ukraine, l’une des plus singulières de notre ère, reste marquée par la cupidité ainsi que l’avidité d’un oligarque t qui oublie que, pendant les années 30, une famine a été créée de toutes pièces par l’Union soviétique (son pays) sous Staline. Ce dernier voulait mettre au pas ces dirigeants ainsi que son peuple qui louait sa résistance.

Voici l’histoire du conflit vue à travers les yeux d’une jeune étudiante en soins infirmiers. En février 2022, elle a décidé de quitter son confort parisien pour aller sur le champ de bataille. Son témoignage, aussi touchant que sensible, nous rappelle l’âme des combattants républicains espagnols, ainsi que celle de simples Espagnoles qui sont devenues infirmières dans des hôpitaux de fortune.

Cette chronique brosse également le portrait d’un pays prospère grâce à ses récoltes de blé (premier grenier de l’Europe) et à son intérêt stratégique (ports et minerais de première qualité). À l’instar de Joseph Kessel ou d’Albert Londres, et en dépit du fait que ce n’est pas sa langue maternelle 9 elle écrit en français) , elle s’engage dans cette voie. Elle va de Paris à Kiev en autobus avec des réfugiés ukrainiens venus apporter leur soutien. Ce ne sont pas des aventuriers et des téméraires, mais de véritables citoyens. Le récit émeut et évoque un peu la bataille de Stalingrad ou l’invasion allemande. Pas de quartiers pour les innocents. Les représailles continuent. Une guerre ignoble dont l’issue demeure incertaine malgré l’appui européen et le peu de cas du « dérangé orange ».

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