De toute beauté
Une pension en Italie
De Phillipe Besson
Julliard
225 p
« Parce que le simple énoncé des faits donne soudainement au secret de famille une dimension romanesque, envisagée. Et parce que la révélation de l’extraordinaire basculement de mon grand-père suscite chez moi ébahissement et admiration ». Cette phrase est tirée du nouveau livre de l’écrivain français Philippe Besson, qui était de passage au Salon du livre de Québec et pour une journée à Montréal. Nous l’avons littéralement intercepté. Pour tout vous dire, je suis rarement attiré par les romans, à moins qu’il ait une forte connotation sociale ou policière. Cependant, ce dernier a su piquer ma curiosité. Grâce aux bons conseils de mon ami Céline, je me suis lancée dedans et, en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « ouf », quelle surprise. Parce qu’il s’agit d’une question sur l’Italie, que je connais mal, et aussi parce que c’est un peu mon passé (les années 60), et qu’il y a un mystère familial assez douloureux derrière ça. Dans la lignée de Philippe Besson, tout le monde évitait de parler de ce grand-père qui, du jour au lendemain, a choisi de vivre avec un homme, après avoir fondé une famille. Les tabous de l’époque, le côté sombre de l’opprobre, bref, l’auteur a eu l’aval de sa mère avant qu’elle ne disparaisse.
Un récit d’émotion ? « Oh, certainement. J’adore aussi cette Italie que j’y retourne une fois par année. » Un pays traversé par la beauté, la luminosité, les sculptures, l’histoire qui me ramène aussi à mes jeunes années ».
En tant que petit-fils, vous avez décidé de remédier aux lacunes du passé.
« Certains affirmeront que c’est l’art du romancier. Je ne suis pas un détective. Paul, mon grand-père, que je n’ai jamais connu, a disparu de la mémoire familiale. J’ai voulu savoir pourquoi. »
Avec beaucoup de tendresse, vous racontez l’histoire de cet homme déchiré par sa passion, qui était très mal vue à l’époque. « J’ai tenté de le soulager de son fardeau, tout en faisant preuve de retenue. » Paul a fondé une famille, sachant très bien qu’il aimait les hommes, et ce, dès son plus jeune âge. Il a vécu dans la peur du regard des autres que l’on découvre son secret, puis il a finalement choisi sa vie ` : celle de la liberté. Avec cette quête, j’ai voulu comprendre l’histoire de ma famille de l’intérieur »
C’est aussi un message pour les jeunes qui découvrent leur homosexualité : « Et qui doivent encore se défendre même si les mœurs ont beaucoup évolué. Un message d’espoir aussi ».
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