L’oeil du jazz, l’oeil du photographe

 



                                                            

La femme au manteau de loutre

De Alain Genestar

Grasset

279 p


Vous adorez le jazz et ses histoires, la photographie de reportage, et bien sûr New York. Alors, rendez-vous chez votre libraire pour découvrir « La femme au manteau de loutre » d’Alain Genestar. Journaliste et ancien directeur de Paris Match, il nous offre en cette rentrée littéraire un thriller haletant mettant en scène une jeune chanteuse de jazz, disparue sous les rails du métro. Promise à une belle carrière avec l’aide de sa sœur, elle tombe amoureuse d’un pianiste dangereux qui croit que l’âme du compositeur de blues Robert Johnson le hante.


Ce « fait divers » d’un jeune stagiaire du New York Times : Joaquin Macarell, qui fera équipe avec un photographe de guerre, une gloire de ce même journal : Charlie Ormos, qui a tout « plaqué » pour photographier la vie des passants.
Ce livre est en partie basé sur le pouvoir de la photographie et sur ces géants du photojournalisme : Eugene Wright, Larry Burrows et Don Mc Aullin. Des hommes de terrain usés qui choisiront l’autre versant du portrait pour décrire le monde, à l’exception de Larry Burrows, qui disparut au Laos pendant la guerre du Vietnam.

Le jazz occupe également une place centrale dans l’ouvrage. À travers la carrière de la jeune chanteuse de sa sœur, nous pénétrons dans l’intimité d’un club de jazz, le Nikc’s. S’il n’est pas le Birdland, on y trouve tout de même une clientèle très fidèle. Vous cheminez dans les méandres d’une inspiration, d’une improvisation, avec juste ce qu’il faut de création pure. Cependant, cette liberté est contrebalancée par des relations humaines parfois destructrices. La chanteuse sera sous le charme d’un pianiste captivant, mais tourmenté et violent, qui la conduira à commettre de graves transgressions.

Et, le jeune stagiaire, accompagné du chasseur d’images, mènera une enquête sur tous les fronts.
Le récit est rempli de détails, tant dans sa représentation du jazz que dans celle de la photographie. En combinant « L’oeil magique », le jazz et reconstitution historique, « La Femme au manteau de loutre » transcende la simple fable biographique pour se transformer en une méditation sur la mémoire, les combats, la passion et la fragilité des destins humains.

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